Chili- Argentine (2003)

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“Arumbaya Trophy 2003″

En 2003 nous avons planifié un nouveau voyage dans les Andes, l’idée était assez ambitieuse: traverser l’Argentine pour regagner les Andes, passer au Chili pour pouvoir entrer en Bolivie par le sud du pays…

Nous sommes partis à deux voiture, deux 4×4 (Toyota Land cruiser et Toyota Runner), avec 6 passagers répartis dans les 2 véhicules. Bidons d’essences, bidons d’eau, rues de secours, bouteilles à oxygène, couvertures de survie, réserves de nourriture, tentes, et même un GPS, nous avions tout prévu pour ce grand voyage.

Il nous a fallu d’abord traverser une partie du nord argentin: le Chaco argentin, zone désertique et plane à végétation épineuse. Cela nous a pris un jour et demi pour arriver au pied des Andes. On se trouve alors dans la région de Salta au nord de l’Argentine.

Nous avons passé la nuit à Humahuaca, petit village très pittoresque ancré dans la précordillère des Andes. Le lendemain nous avons entrepris la traversé des Andes à plus de 4000 mètre d’altitude, par le col appelé “Paso Jama”. Un lieu où il ne vaut mieux pas s’attarder, mais où les paysages vous coupent le souffle par leur beauté et leur magie. Quand on se retrouve sur la « puna » (= mot qui désigne le plateau d’altitude situé dans les Andes) on a l’impression d’être très près du ciel.
Nous avions commis l’erreur de nous arrêter pour pique niquer dans cet endroit, chose que nous avons regretté par la suite car plus de la moitié d’entres nous avons commencé à sentir les symptômes du mal d’altitude. Nous sommes donc redescendu à tout allure du coté Chilien afin de regagner un niveau d’altitude raisonnable pour notre organisme.

Au poste frontière chilien, une fois redescendus, nous n’avons pas été très bien accueillis, droits dans leurs uniformes et prêts à faire aucune concession les douaniers chiliens (=carabineros) nous ont fait descendre des véhicules et nous ont fouillé malgré notre état de santé. Bel accueil.
Nous avons regagné le petit village de San Pedro de Atacama (dans la I ère région du Chili, tout au nord du pays). Ce village que nous avions visité des années auparavant a été gravement dénaturé par le tourisme, ce qui nous a beaucoup surpris et déçu.

Suite à l’épisode des malaises en altitude de quatre d’entre nous, nous avons discuté sur les possibilités d’aller jusqu’au bout de notre périple. Après délibération nous avons décidé de changer notre parcours et de nous contenter des lieux en dessous de 3000 mètres d’altitude.

Nous ne sommes resté que 3 jours au Chili, logés à Socaire dans une auberge géré par une communauté de villageois indigènes. Nous avons visité les lagunes d’altitude : les lagunes Miscanti. Nous avons décidé de regagner l’Argentine et de visiter la région de Salta, los « Valles ( = vallées) Calchaquies ». Une région qui méritait certainement d’être visitée plus en profondeur. Nous avons quitté Socaire avec l’intention de traverser les Andes par un autre de ses cols, le “Paso Sico”, mais arrivé en haut le col était fermé pour cause de neige, et le dégagement de celui ne semblait pas pour voir s’accélérer, piste en terre et essence pour le bulldozer à plus de 50 kms…

Retour a Socaire, et traversé des Andes vers l’Argentine par ou nous étions rentrés, par le “Paso Jama”.
Une fois a Salta nous avons descendue la vallée : Salta, Cafayate, Cachi, la Cuesta del Obispo, San Antonio de los Cobres, les ruines de Quilmes, etc. Cette région offre une variété de paysages aux formes géologiques très variées, formations rocheuses inattendues, terres rouges, ocres, etc.
Je vous laisse découvrir la suite de notre voyage en photos.

-bientôt plus de photos-

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Voyage en Bolivie (1999)

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En août 1999 nous avons réalisé en famille un voyage inoubliable et rocambolesque en Bolivie. Nous avons quitté Asunción capitale du Paraguay avec notre 4×4 le dimanche 8 août 1999.

Personnellement je n’oublierais jamais ce périple et depuis notre retour je rêve de refaire un voyage en Bolivie…

Voici pour vous le récit écrit “à chaud” au cours de ces deux semaines dans les Andes.
 
1ère semaine… 1ère partie…

Dimanche 8 Août : “Départ”
On est parti le Dimanche 8 Août, en fait on était sensés partir très tôt ce jour là… mais comme c’est bien connu y’a toujours quelque chose qui va pas à la dernière minute… et oui c’est toujours comme ça… résultat on est partis à 9h30 du matin d’Asunción (Paraguay), mon père, ma soeur et moi, les trois en voiture avec toutes nos affaires dans la partie arrière de la voiture: vêtements, provisions (la bouffe quoi), thermos, réchaud, tente, matelas gonflables, ustensiles de cuisine, bidon d’eau, sur le toit de la voiture, la roue de secours + 1 bidon d’essence… le guide du routard, et une carte de la Bolivie (pas très précise, et vieille en plus, mais on avait prévu d’en acheter une actualisée à peine arrivés)…
Après avoir traversé le Chaco (le nord du Paraguay), et parcouru 686 km durant cette 1ere journée (dont les derniers km sur piste en terre) nous sommes arrivés en fin d’après midi à la Patria, (un endroit qui se trouve à 110 km de la frontière Bolivienne). Nous avons passé la nuit à “La Madelon”, une estancia propriété d’amis de mon père. (des français)

 

 Lundi 9 Août : “La frontière”
-7h51: du matin, tous dans la voiture, heure de départ de La Madelon (he he he) vous pouvez imaginer un peu l’heure de réveil, n’est ce pas ?! : “c’est ça les vacances”. Nous voilà à nouveau sur les pistes en terre… assez mauvaises en fait, très mal entretenues, pleines de poussières, de trous, de cailloux, de pierres… un vrai “tôle ondulée” comme l’a baptisé mon père.
- 10h39: heure d’arrivée à la frontière avec la Bolivie, après être passés par la dernière zone de contrôle militaire du Paraguay (Teniente Rivarola) où nos papiers on été contrôlés (tout est en ordre, “apparemment”), mais ce qui est bizarre c’est que nous n’avons toujours pas passé le poste de “migración paraguaya” , c’est la “douane” paraguayenne… nous avons demandé aux soldats, personne ne sait rien… enfin peu importe nous continuons notre route… nous leur faisons confiance, ils doivent être au courant, y’a bien des gens qui passent la frontière sans arrêt… non vous êtes pas de mon avis ???? Bon. Nous arrivons finalement du coté Bolivien, à la “migración Boliviana”, un tampon sur nos passeports… et une amende… et oui, une amende de 20$ par personne (ça commence bien!)… ah parce que qu’il nous manque un tampon de “sortie” du territoire Paraguayen (c’est vrai)… enfin, c’est fait. Ils nous distribuent un petit papier vert que nous sommes sensés leur rendre à la fin de notre séjour, lorsque nous repasserons la frontière… faudra pas oublier (bien sur)
On continue notre route, toujours de la piste, et à chaque village un péage (= peaje), j’avais oublié de le dire “qu’est qu’il y a comme péages en Bolivie !”. En rentrant dans un bled, et en sortant…… pourquoi faire ? On se le demande franchement… (vu l’état des “routes”)
Après quelques kilomètres on atteint les premières routes de montagne dans la précordillère des Andes Bolivienne… dans la soirée nous arrivons à Camiri, nous trouvons un hôtel, pas mal et pas trop cher en plus (à savoir 1 boliviano=1 franc, environ), repos (quel bonheur) et une bonne douche pour nous enlever toute cette poussière. On répare l’autoradio (qui ne marchait plus depuis ce matin “pas de bol”) et on achète une nouvelle carte routière de la Bolivie (on peut plus continuer avec celle qu’on a) la seule carte qu’on trouve dans ce village date de 1989, la “seule” on l’achète quand même, c’est mieux que rien… on est pas dans la merde décidément.
Le soir nous dînons dans un petit resto pas loin de l’hôtel… du poulet et des frites… miam qu’est ce qu’elles sont bonnes les pommes de terre en Bolivie… (34 bolivianos pour 3 personnes: pas cher). Nous sommes crevés, nous avons fait 450 km de route dans la journée.
Mardi 10 Août : “Perdus”
-7h40: heure où nous quittons la petite ville de Camiri direction: Sucre.
Vers 10h du matin nous voilà bloqués en pleine route de montagne, un camion n’arrive pas à passer, évidement elles sont trop étroites ces petites routes… “Patience” Mais qu’est ce qu’ils mangent ? Qu’est ce qu’ils ont donc dans la bouche tous ces gens là ?… quoi ??? Une “chique de feuilles de coca” ? (Ah !) très rassurant tout ça !
-11h 19: ça y est le camion a réussi à passer… “Heureusement”. Nous reprenons alors la route… vers le milieu d’après midi, alors qu’on venait de faire 49 km (de route de terre) on se rend compte qu’on est sur la mauvaise route… et oui nous nous sommes trompés de chemin… (soupir) est ce que je vous ai déja dit qu’on a pas vu 1 seul panneau sur les routes depuis notre arrivé en Bolivie ??!!!!!!! Bon ben maintenant vous êtes au courant, y’a pas 1 seul panneau pour indiquer la direction à prendre !!!! Même dans les croisements… “Incroyable”
C’est seulement vers 20h00 du soir que nous arrivons à Padilla (et pas à Sucre), nous avons été obligés de rouler la nuit pour arriver dans ce village (vous vous demanderez pourquoi nous ne nous sommes pas arrêtés avant ?… c’est le plus grand village sur notre route et il faut savoir que y’en a pas partout des hôtels… et oui c’est comme ça … on cherche donc un hôtel, on demande et on précise: Le Meilleur… on nous dit: c’est “Résidencial Padilla”, en face de la place du village (3 étoiles) on nous donne une chambre avec 3 lits (la nº5)… sans salle de bain privée mais une commune dans le couloir… incroyable mais il y avait une odeur dans cette chambre… je croyais qu’il y avait une chèvre sous le lit tellement ça sentait mauvais, je regarde les draps, les couvertures (juste par curiosité, sans aucune mauvaise pensée “croyez moi” … quelle odeur… et qu’est ce que je vois ? “des puces”
Heureusement je vous rassure nous avons utilisé nos sacs de couchage…
“3 étoiles” ? C’est bien ça ? On a passé la soirée à rigoler en ce demandant à quoi pouvait bien correspondre ces 3 fameuses étoiles ?!!!
“On sait toujours pas”
Faut préciser que c’était pas un hôtel pour touristes, c’est un hôtel pour les camionneurs boliviens… qui au passage sont rentré hyper tard le soir après s’être bien saoulé la gueule… ils n’ont pas été très discrets… ils se sont bien fait remarquer…
Ce soir là nous avons dîné dans la chambre, nous avions également demandé aux gens “Le meilleur” resto du village… et nous y avons été… mais même si c’est le meilleur… la décoration laisse à désirer, photos de femmes à moitié nues affichés sur les murs… était ce encore destiné aux camionneurs boliviens… ??? En tout cas, aucun de nous 3 a voulu y manger… résultat nous avons mangé dans la chambre… et quelle odeur (décidément).

Mercredi 11 Août: “Sucre”
  -8h20 du matin déjà sur la route… crois moi j’avais pas l’intention de faire la grasse matinée dans un endroit pareil… et avec une odeur pareille.
Avant de quitter Padilla, on emmène la voiture à réparer dans un “garage”, et oui ces routes on fini par tout déglinguer dans la voiture… et tu as deviné juste nous l’avons emmenée chez le meilleur mécanicien du village.
-14h40 de l’après midi, nous arrivons enfin à Sucre (capitale de la Bolivie), située à plus de 2700 mètres d’altitude.
Nous cherchons un hôtel, un bon cette fois ci , Hostal España, chambre 22….
On visite un peu la ville… les boliviens sont vraiment des gens très sympas, leurs routes sont un vrai désastre, y’a pas de goudron, et y’a pas un seul panneau mais il faut le dire il sont vraiment très très sympas :o)
Repos.
 
 Jeudi 12 Août: “On suit le guide”
Je sais plus à quelle heure on s’est levé… en tout cas nous n’avons pas fait de la route ce jour là… nous avons suivit le guide, le Guide du routard… musées (très intéressants) puis encore des musées (musée=museo) … et même un vieil arbre, un Cèdre âgé d’environ 1400 ans… et dont à peine 8 personnes ce tenant par la main arrivent à faire le tour…
Après le dîné… (encore des pommes de terres, elles sont trop bonnes je vous les conseille)
Les rues de Sucre sont étroites, et les trottoirs aussi, et c’est très en pente. Y’a plein de monde et plein de touristes, c’est assez difficile à circuler. Mon père s’est tordu la cheville ce jour là… “quel manque de bol !” On passe à la pharmacie, pommade et comprimés pour soulager la douleur… et… “avez vous un truc contre les puces ?” (ben oui vaut mieux prévenir que guérir). Réponse: Non. On passe chez le vétérinaire (bien sur pourquoi ne pas y avoir pensé avant !), “un collier ?” Non on pense qu’avec la poudre ça suffira !

Vendredi 13 Août: “Sorroche”
Nous sommes toujours à Sucre, on a encore plein des choses à y faire… et surtout il faut s’habituer à l’altitude avant de monter encore plus haut…
Lavage de la voiture, et encore un tour chez le mécanicien…
On fait aussi le marché de Sucre, artisanat, ponchos, etc etc
On goûte les plats typiques boliviens… à midi, et au dîné… et c’est là que j’ai commencé a avoir le “Sorroche” (le mal de l’altitude, de la montagne ), j’ai faille m’évanouir dans le resto… j’étais dans les “vapes” comme on dit, ce qui est provoqué par le manque d’air en altitude… et penser que depuis 2 jours nous buvions le mate de Coca, une tisane préparé avec les feuilles de coca, pour prévenir justement le fameux sorroche. Faudra faire avec, demain on monte encore plus haut (à Potosi à 4000 mètre d’altitude) On repasse à la pharmacie, on achète un médicament exprès pour ça. Symptômes du “sorroche”: maux de tête, vertige, insomnie, etc etc…

Samedi 14 Août: “pfffffffffff”
  9h du matin, on quitte Sucre, direction Potosí… quels paysages magnifiques… des routes de montagnes, on monte… on monte… et on monte encore plus… j’ai l’impression d’avoir un altimètre dans la tête tellement j’ai mal au fur et à mesure que l’on grimpe…
11h00 du matin on arrive à Potosí… terrible 4000 mètres d’altitude, c’est vraiment trop … On est tout les 3 mal, le moindre geste le moindre effort et le coeur bat à toute allure… “Terrible” on cherche un hôtel, et on se repose…
J’étais vraiment mal, j’avais vraiment du mal à respirer, même en respirant profondément j’arrivais pas à remplir mes poumons avec suffisamment d’oxygène… mon père était inquiet (en effet ça peut devenir très dangereux), il fait monter une bouteille d’oxygène dans la chambre, et y’a même un médecin qui est venu me voir… j’étais vraiment dans les vapes… j’avais perdu la notion du temps, et j’oubliais la moitié des choses… et j’avais sommeil… Je suis restée 30 minutes environ sous oxygène… on a vraiment l’impression de revivre après quelques bouffées.
 

Dimanche 15 Août: “Potosí”
Ça va mieux, un peu mieux, je crois que je commence enfin à m’habituer à l’altitude .
On visite un musée, un seul, le plus intéressant de Potosí… la “Casa de la moneda”, c’est là ou pendant la colonie espagnole, le roi d’Espagne faisait fabriquer les monnaies espagnoles en argent…
On peut visiter aussi les mines d’argents de Potosi (d’après le guide), mais nous avons préféré ne pas le faire. Nous les avons juste regardés de l’extérieur. Mon père dit que les conditions de sécurité sont très mauvaise dans ces mines (il y a déjà des millions de personnes qui y sont en mort en travaillant), il s’agit d’un exploitation minière très artisanale, qui est resté comme au siècle dernier, lorsque les Espagnols y faisaient travailler les indiens et les esclaves noirs (qu’ils emmenaient d’Afrique).
Plus tard j’ai su que, quelques jours avant notre arrivée, un touriste japonais qui visitait les mines est mort, il et tombé dans un trou…
“Quelle histoire”

2ème et dernière semaine…

Lundi 16 Août: “El salar de Uyuni”
Ce jour là on quitte Potosí et on se dirige vers Uyuni à 3750m d’altitude (Ouf nous redescendons), vers le Salar de Uyuni, un lac salé de 10 000 km2… un “désert de sel”… la couche de sel est en général de 6 ou 7 mètres de profondeur mais dans certaines endroits elle peut atteindre jusqu’à 40 mètres… Tout est blanc et plat a perte de vue, on se croirait au pôle nord… La route pour y aller est magnifique, on pique-nique au bord de la route, “qu’est ce qu’il y a comme beaux paysages !” malheureusement un de nos appareil photo est pété… dommage, mais bon il nous en reste encore un autre…
A peine arrivés on aperçoit des travailleurs, ils grattent la couche de sel et font des petits tas, qu’il ramasserons après pour l’emmener à la fabrique le traiter et y rajouter de l’iode.
On loge dans un hôtel qui se trouve sur le salar lui même, el Castillo de sal (= le château de sel), il est construit entièrement en sel, avec des briques en sel, même les meubles à l’intérieur sont sculptés dans le sel… c’est assez cher comme hôtel, “la note d’hôtel est assez salée aussi”. Mais faut reconnaître que c’est pas tous les jours qu’on dort dans un “Château de sel”.
On rencontre 3 italiens, 2 mecs et 1 fille, jeunes il font la Bolivie en VTT, l’un d’eux est photographe (un pro) vraiment super gentil il répare notre 2eme appareil photo heureusement pour nous car il avait fini par se casser à cause des secousses !!!
Incroyable ce qu’ils ont fait ces italiens, un voyage en Bolivie d’une durée d’1 mois en VTT, bon c’est vrai ils prenaient le train aussi de temps en temps mais il faut le faire quand même…
Le soir on se retrouve on boit du vin chaud avec eux, on discute, ils sont supers sympas, ils nous racontent leurs “aventures” et nous on raconte les nôtres…
On dîne des grillades, y’a le choix… soit du mouton, soit du Lama… hum j’ai pas trop envi de goûter au Lama… mais ils insistent tellement que je fini par en goûter un petit morceau… bof c’est rien d’extraordinaire, je préfère la voire vivante cette pauvre bête…
Cette nuit là il fait jusqu’a –12ºC sur le salar, et pas pendant un moment mais pendant toute la nuit !

 

Mardi 17 Août: “Perdus… perdus… perdus…”
7h15 du matin déjà levés près à suivre la première voiture qui passe et qui fait la traversée du salar. Nous savions en effet qu’il était dangereux de s’aventurer tout seul (sans guide, sans connaître), on risque de se perdre, de s’enfoncer (vu qu’il a des parties humides aussi sur les bords et c’est tout mou), en fait c’est assez risqué d’y aller tous seuls. Donc on avait prévu de suivre (avec notre voiture) une voiture d’un des tours organisés dans le salar…
On suit donc la première voiture qui passe, 1 heure après (je sais pas comment, ne me demandez pas exactement pourquoi) alors qu’on suivait de très près l’autre voiture, on décide d’aller de notre coté………… et c’est là qu’on se perd. En fait on devait rejoindre dans le salar, une île, la Isla Pescado (pescado= poisson), une île perdue au milieu du salar où l’on peut apprécier d’ énormes rochers et cactus (certains de plus de 10 mètres de haut), mais on a eu l’impression (on se croyait trop malins peut être) que cette voiture ne se dirigeais pas vers cette île mais ailleurs…
A partir d’un moment alors qu’on roulait (sûrs de nous) les traces de voitures sur le sel se séparent puis disparaissent… alors on s’est plus vers où aller, tout est blanc, on a plus de repères, on voit même des mirages…

10h42 du matin -Nous sommes perdus.- On arrête la voiture. Faut qu’on se calme, on sort nos cartes, on les sort toutes (j’avais oublié de vous dire qu’on en avait acheté une 3ème à Sucre, la pire de toutes, un truc je vous jure on dirait que ça a été dessiné par un gamin ! On sort notre boussole… qu’allons nous faire ? y’a aucun plan sur le salar, rien qu’une énorme tache blanche sur la carte. Le salar c’est comme un énorme piège, y’a seulement quelques endroits par où on peut s’approcher du bord… sinon on s’enfonce. On décide de continuer vers le sud. J’ai les yeux qui piquent à cause de la luminosité, et on se déshydrate, on n’arrête pas de boire de l’eau.
Un peu plus tard on voit au loin des gens qui font des grands gestes avec leur bras.
Ce sont des boliviens, ils se sont perdus comme nous. Hier soir, 1 de leur voiture s’est enterrée, et ils ont été obligés de passer la nuit sur le salar… à –12ºC…sans sac de couchage, sans rien (quelle horreur !)… ils ont réussi à quitter le salar ce matin avec leur 2ème voiture, ils vont nous aider à quitter le salar, on va les suivre. En attendant qu’ils sortent leur voiture de la boue on pique nique (il est 12h30), on fait des pâtes, quelle horreur à cause de l’altitude elles ne cuisent pas comme il faut, elles collent et restent dures au milieu… et ben quand on a faim, très faim on mange n’importe quoi… c’est comme ça.
Un peu plus tard on réussi à quitter le salar (ouf!) et tant pis pour la “Isla pescado” on la verra pas, on s’en fiche.
On arrive à “Yonza” un petit village (je me rappellerais toujours de ce nom, surtout qu’il ne figure absolument pas sur aucune de nos cartes, là on nous indique la route vers San Juan (il y est ce village sur la carte par contre (Ouf).
Vous allez pas nous croire mais on s’est encore perdu… (grrrr) on commence a en avoir marre… ça ne nous plait plus du tout tout ça… Y’a pas de panneau dans ce pays ?????!!!!!!!!!!!!!Mais comment ils font les gens ici ??????!!!!!! C’est INCROYABLE.
Si à ce moment là vous m’aviez demandé si je voulais y retourner en Bolivie j’aurais dit: NON (sans hésiter)
On se retrouve sur des pistes en terre qui n’ont jamais vu 1 bulldozer, rien que des ânes et des lamas… on fait marche arrière, ça sert à rien de continuer on sait pas vers où on va (Peut être vers le Chili ? on va traverser les Andes et la frontière sans nous en rendre compte? On en sait rien), faut qu’on retrouve le dernier bled… On le retrouve, on redemande notre route, j’aime bien les gens ils te disent: “c’est tout droit, y’a pas moyen de se perdre”. Ils nous font bien rire, y’a rien de “droit” dans ce pays voyons !!!!!! Y’a que des routes de montagne, des zigzags et des courbes et… “pas moyen de se perdre” ???? Mais on fait que ça depuis qu’on est arrivé !!!!!! Ils sont marrants (hum)
Quelle journée, la pire de notre voyage, je m’en souviendrais. En fin d’après midi on arrive à San Juan (oh miracle, y’a quelqu’un qui a eu pitié de nous et à mis un panneau sur la route (ça mérite bien une photo).
Arrivés à San Juan on cherche un hôtel, et on cherche du Diesel… eh oui comme on s’est perdu dans le salar on a vidé notre réservoir et si on veut continuer notre voyage il va falloir le remplir, alors on cherche, on nous avait dit qu’il avait des gens qui en vendaient dans le village,qu’ ils vendaient ça dans des bidons… on fait le tour du village, à chaque fois on nous envoi chez quelqu’un d’autre… on a fait presque toutes les maisons du village je vous le dis ! Conclusion: -Y’en a pas du Diesel dans ce village-
Voilà où on en est. Et y’a pas de téléphone dans ce bled non plus… On demande de l’aide à la bonne femme de l’hôtel, on veut du Diesel, on veut un guide, on est désespérés. Y’en a marre. La voiture à un problème mécanique en plus (encore une fois)…
Il se fait tard, on s’installe à l’extérieur de notre hôtel, vous auriez du voire nos têtes… on en avait vraiment marre. On “médite”.C’est alors qu’apparaissent 2 touristes, 2 mecs 25-30 ans, des suisses… ils cherchent une “discothèque”, il parait qu’il y en a une dans ce bled (ha ha ha c’est bien un truc d’européens ça), ils font parti d’un tour organisé en 4×4, il y a 6 touristes (2 suisses, 2 italiens et 2 allemands) dans une voiture avec un chauffeur et une cuisinière( des boliviens), ils viennent tous du Chili ils ont passé la frontière ce matin et ils se dirigent vers Uyuni et donc demain ils vont traverser le salar…
On leur raconte notre aventure de la journée, ils sont hyper étonnés, ils regardent nos cartes… “ils rigolent”.
Ma soeur et moi on discute avec mon père, on veut rentrer à la maison, on ne veut plus continuer, parce qu’on va encore se perdre demain (c’est très très très probable)… et on ne profite plus du tout du paysage. C’est vrai tant qu’on ne sait pas où on est, et où on va, on ne profite pas des paysages.
Alors mon père a une idée, on va rentrer à la maison OUI mais on va prendre nos précautions pour ne plus se perdre, on parle avec les suisses, mon père leur demande si ils peuvent parler avec leur chauffeur, le convaincre de nous laisser le suivre demain jusqu’à Uyuni… eh oui on va retourner à Uyuni… et retraverser le salar… (grrrrrrrr) … Ils disent qu’il vont lui en parler, ils sont sympas les suisses. Ils repasseront ce soir et on ira voir ensemble leur chauffeur…
On attend,il est 20h du soir et les suisses sont toujours pas là, on fait un tour dans le village on les cherche, rien on retourne à l’hôtel. Aïe pourvu qu’ils ne nous aient pas oublié… 21h du soir environ, ouf voilà les suisses.
On les accompagne, on parle avec leur chauffeur, hyper sympa, c’est d’accord demain on va les suivre pour traverser le salar et retourner a Uyuni… ils partent à 9h faudra qu’on soit à l’heure…
On peut dormir tranquilles ce soir… même avec –7ºC !
Demain on reprend le chemin du retour, on n’ira pas à la Laguna Colorada (= lagune rouge), ni a la Laguna Verde (= lagune verte)ni a la Laguna Celeste (=lagune bleue), on verra pas les Geysers, ni les flamands roses, ni plus rien… On abandonne cette dernière partie de notre voyage (dommage… bon… on reviendra).

Mercredi 18 Août: “Isla Pescado”
7h30 on est déjà levés, on déjeune très rapidement (dernièrement on mange très mal)… à 8h on est au rendez-vous, on est en avance je sais, mais on a pas envi de perdre notre guide.
Vers 9h on part, on est derrière eux, on les suit de très près, bientôt on va regagner le salar à nouveau… (pas question de les perdre) Dans la voiture on écoute une cassette de Zebda, vous connaissez la chanson “y’a pas d’arrangement” ? Ecoutez le début, vous verrez ça correspond exactement à notre situation à ce moment là !
Une fois dans le salar, derrière notre guide, on prend la direction de la Isla Pescado, eh ben oui on va la voir à la fin cette fameuse île, pour ce que ça nous intéresse maintenant…
En fait c’est assez décevant comme endroit parce qu’il y a plein de touristes, plein plein d’européens partout partout partout… on a rien raté je vous assure, mais on est obligé d’y rester un moment… En fait c’est ça qui est embêtant quand tu viens dans ces tours organisés (comme les 2 suisses) on s’arrêtes toujours dans les endroits où tu retrouves tous les autres touristes, tu t’arrêtes pas où tu veux… nous, tous seuls dans notre voiture on s’arrête où on veut et quand on veut… c’est bien mieux.
Je parle avec l’un des suisses, le plus jeune, il est très étonné, il est curieux il me demande ce qui nous est arrivé exactement hier, je lui raconte… on a du mal à se comprendre, il me demande si j’ai pas eu peur, et je lui dit “quand on était perdus dans le salar, oui j’ai eu peur”… moi je croyais que les suisses parlaient bien le français… enfin on arrive à communiquer c’est l’essentiel, mais c’est très marrant.
Arrivés à Uyuni on répare la voiture, et on retrouve nos amis italiens, ils sont surpris de nous voir revenir…
Ce qui est marrant dans ces petits village boliviens c’est que tu pourrais croire que ces gens là s’ennuient… mais non ils s’amusent… presque tous les soirs il pratiquent, ils pratiquent leurs danses (la Diablada) dans les rues du village ils mettent la musique à fond, et jeunes et moins jeunes dansent toute la nuit… pour se préparer pour les jours de fêtes où ils revêtiront leurs costumes et défileront dans les rues… c’est super à voir comme spectacle.
Uyuni, c’est la ville où l’on a vu le plus de touristes jusqu’à maintenant, des bus entiers avec des touristes, des groupes de jeunes et pas très jeunes, garçons et filles, des couples, des français, des espagnols, des américains, des irlandais, etc etc… le salar attire beaucoup de touristes, peu être la plus grande concentration de Bolivie de “traîneurs de sac à dos” comme les appelle mon père !
Ce soir là on prend une douche… c’est à noter parce que en effet ça faisait presque 3 jours qu’on s’était pas douchés, les hôtels où on était logés n’avaient pas d’eau chaude… et comme on a pas envi de mourir congelés…

Jeudi 19 Août: “Retour”
8h du matin on quitte Uyuni. On a plus de guide, on a laissé tous nos amis à Uyuni… mais on est décidé à ne plus se perdre !
Les routes sont pourtant du même genre, en terre, sans panneaux, et même encore pire, ce jour là on se retrouve entrain de rouler dans une rivière asséchée… on s’arrête et on demande “où est la route ?” en fait on nous répond qu’on est sur la route… et oui à un moment donné il faut passer carrément dans la rivière… puis a un moment on passe aussi sur la voie du train… “on aura tout vu décidément en Bolivie”.
Vers 8h du soir on arrive à Tarija, on trouve un hôtel super beau, hôtel Los Ceibos, un 3 étoiles (un vrai de vrai cette fois ci) télévision et mini frigo dans la chambre, piscine… Le luxe !
Et ce soir là on mange au resto… et on se marre bien… je vous raconte, il n’y avait qu’un seul serveur dans le resto de l’hôtel, qui courait partout il avait 3 tables à servir dans le salon plus les gens qui demandent des trucs dans les chambres… tout à coup on entend des cris dans la cuisine… quelqu’un se dispute… on voit ressortir le serveur. A chaque fois que le serveur rentre dans la cuisine on entend des cris et des bruits de casseroles…c’est la cuisinière qui s’engueule avec le serveur. On éclate de rire, on dirait un film comique… quand le serveur ressort tout le monde redevient sérieux, le pauvre il a une tête, il est complètement essoufflé et il transpire. On a bien rigolé ce soir là.

Vendredi 20 Août: “éboulement”

En principe on n’avait pas beaucoup de kilomètres à faire ce jour là, alors on décide de faire un tour en ville, acheter des CD de musique bolivienne, etc. En plus on devait encore faire réparer la voiture…
 
 Vers 10h30 on quitte Tarija, on quitte la cordillère des Andes, pour ça faut remonter puis redescendre puis remonter, puis redescendre, on repasse a plus de 4000 mètres (et j’ai encore mal au crâne, heureusement c’est pas pour longtemps)… des routes de montagne étroites, taillées dans la roche avec le bout du rocher au dessus de nos têtes…
Vers 17h30 en fin d’après midi alors qu’on était à seulement 15 minutes d’arriver à Villamontes, (la ville où l’on était censés passer la nuit ce jour là)… un éboulement sur la route, un ENORME rocher planté en plein milieu de la route, impossible de passer… Quel manque de bol ! “Allons nous pouvoir rentrer chez nous un jour ?” (on se pose sérieusement la question)
Rien à faire, demi tour, il est 18h20… plus loin on croise un camion, on l’arrête on le prévient de l’éboulement, il allait aussi à Villamontes, il arrête une autre route, on va le suivre (vraiment toujours sympa les boliviens quand tu leur demande un service) mais il dit qu’il nous faudra 4 heures supplémentaires de route pour arriver à Villamontes par cette autre route… et penser que nous étions si près !!!! (Snif) 
 
Bon ben on n’a pas le choix.
22h du soir environ on arrive à Villamontes, un hôtel terrible, quelle horreur, un peu de poudre anti-puces sur le matelas et on s’écroule sur le lit, on ne tient plus debout. On ne dîne même pas.

Samedi 21 Août: “home sweet home”
6h du matin, on est déjà levés, on est crevés, on prend le “petit déjeuné” un verre de lait en poudre et des biscuits…
Allez courage ce soir on dort chez nous coûte que coûte, c’est décidé !
Faut qu’on repasse par “migración de Bolivia” qui se trouva à Villamontes même. Vous vous souvenez du petit papier vert ? bon ben il faut qu’on le rende… 7h du matin « migración » c’est toujours pas ouvert (zut)… on décide d’aller prendre le petit déjeuner dans un resto en attendant que ça ouvre… comme ça on rempli bien notre ventre et on n’aura pas besoin de s’arrêter pour manger à midi.
8h, « migración » c’est toujours pas ouvert… -on s’en va- ils ne l’auront pas ce petit papier vert, on le garde: ON S’EN VA.
Il faut juste espérer qu’a la frontière, et que du coté paraguayen on va nous laisser passer…
En fait on est dans l’illégalité la plus complète, on est jamais sortis du Paraguay, on a un tampon de rentrée en Bolivie, mais pas de tampon de sorti, donc on est rentré mais on est jamais sorti…
Mon père il a une idée: “il me dit de m’allonger sur le siège arrière de la voiture, de mettre de la crème solaire blanche sur mon visage, et de faire semblant d’être malade” comme ça si on nous arrête à la frontière, on dira que tu es malade et qu’il faut qu’on rentre au plus vite à Asunción… tu seras notre “passeport”
Quel plan ! bien sur j’ai fait ce qu’il m’a dit, oui parce que j’avais pas l’intention de rester en Bolivie un jour de plus…
Mais je vous rassure on a pas eu de problème, on est passé, et j’ai pas eu besoin de faire du cinéma.
Une fois du coté paraguayen pas de problème non plus, on ne nous a pas mi de tampon d’entrée (de tout façon on a jamais vu où était la migración Paraguaya), et après on a foncé, on a roulé sans s’arrêter, jusqu’à Asunción… mais un peu avant de quitter le Chaco la police nous arrête: “D’où venez vous ?”, de notre estancia (= ferme) on répond.
Vous imaginez un peu si ils avaient vu les ponchos boliviens dans le coffre de la voiture ?
On aurait eu des problèmes ça c’est sur.
Nos passeports ne sont pas en règle… ni au Paraguay ni en Bolivie… quand ma soeur à pris l’avion pour rentrer en France elle a eu des problèmes, il a fallu arranger tout ça… et je serais obligée de le faire à mon tour quand je rentrerais en France.

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